Elisabeth Roudinesco

  • Que signifie être juif et qu´est-ce qu´un antisémite ? Pourquoi faut-il que, périodiquement, l´énigme attachée à l´identité des fondateurs du premier monothéisme soit l´objet de telles passions ? Pour bien distinguer, d´abord, l´antijudaïsme médiéval (persécuteur) de l´antijudaïsme des Lumières (émancipateur) quand d´aucuns, aujourd´hui, prétendent identifier le second au premier : tous antisémites, affirment-ils, de Voltaire à Hitler. Pour passer ensuite en revue les grandes étapes de la constitution de l´antisémitisme en Europe. Puis, pour assister, entre Vienne et Paris, à la naissance de l´idée sioniste - et à sa réception dans les pays arabes et au sein de la diaspora.
    Une idée, trois légitimités. "Juif universel" contre "Juif de territoire", tel est désormais le couple autour duquel s´organise le débat, auquel Freud et Jung apportent une contribution décisive. Le voici bientôt relancé après la création de l´Etat d´Israël (1948) et le procès Eichmann (1961), tandis que gagne souterrainement l´idée que le génocide serait pure invention des Juifs.
    Et pour finir, ceci : comment expliquer la multiplication, depuis dix ans, des procès intellectuels et littéraires en antisémitisme ?

  • Née paysanne en 1762 dans l’Ardenne belge, Théroigne est l’une des plus belles figures de la Révolution : demi-mondaine entretenue par un marquis jaloux à la veille de l’ouverture des États- Généraux, elle se construit, à la faveur du combat pour la liberté, une identité nouvelle, ouvre un salon à Paris et fonde une société patriotique. La presse royaliste fait d’elle alors une libertine sadienne, que l’on accuse d’espionnage. En 1792, au sommet de sa gloire, elle réclame la levée de "bataillons d’amazones" pour combattre les monarchies aux frontières. En pleine Terreur, le délire s’empare d’elle : la folie la sauvera de la guillotine. Internée jusqu’à sa mort en 1817, elle deviendra pour la médecine un grand cas de mélancolie, tandis que Baudelaire, Michelet et plus tard Sarah Bernhardt chanteront sa légende.Cette première grande biographie critique de l’une des pionnières du féminisme, fondée sur des sources inédites, fut l’un des succès des commémorations du Bicentenaire de la Révolution française.Nouvelle édition, avec une préface et une postface inédites.

  • O commence la perversion, et qui sont les pervers ? Est rput tel, depuis
    l'apparition du mot au Moyen-ge, celui qui jouit du mal et de la destruction
    de soi ou de l'autre. Mais si l'exprience de la perversion est universelle,
    chaque poque la considre et la traite sa faon. L'histoire des pervers en
    Occident est ici raconte travers grandes figures emblmatiques, depuis
    l'poque mdivale (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu' nos
    jours (le nazisme au XXe sicle, les types complmentaires du pdophile et du
    terroriste aujourd'hui), en passant par le XVIIIe sicle (Sade) et le XIXe
    (l'enfant masturbateur, l'homosexuel, la femme hystrique). Notre poque, qui
    croit de moins en moins l'mancipation par l'exercice de la libert humaine,
    et pas davantage au fait que chacun d'entre nous recle sa part obscure, feint
    de supposer que la science nous permettra bientt d'en finir avec la
    perversion. Mais qui ne voit qu'en prtendant l'radiquer, nous prenons le
    risque de dtruire l'ide d'une possible distinction entre le bien et le mal,
    qui est au fondement mme de la civilisation ?

    Historienne, directrice de recherches l'universit de Paris-VII, lisabeth
    Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment
    Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Dictionnaire de la
    psychanalyse (en collaboration avec Michel Plon), Pourquoi la psychanalyse ? et
    La Famille en dsordre.


  • Dans l'Inconscient et ses lettres, la question de l' « auteur » est cernée dans la dimension du fantasme dont la logique donne aux termes illusion, reflet, double, etc., un statut propre. Le fantasme d'auteur, fait corps avec le texte littéraire, et se saisit dans un lieu de l'Imaginaire, où la « création » fonctionne à la contrainte entre rêve et fantasme. S. Freud, R. Roussel, B. Péret, B. Brecht, et les cinéastes A. Hitchcock et D. Vertov, sont parties prenantes dans ce débat, où le concept freudien d'identification est confronté à la catharsis, à la distanciation, et au projet d'une théorie matérialiste prolétarienne de la perception qui, de Bogdanov à Mao Tse-tung renvoie au problème de la révolution culturelle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Lors du procès monté à Leipzig en 1933, le révolutionnaire bulgare Georges Dimitrov, l'un des dirigeants de l'Internationale Communiste, est accusé par les nazis de l'incendie du Reichstag. La machination s'effondre. L'accusé devient l'accusateur. Dimitrov ne joue pas le jeu de l'ordre juridique. Il développe une stratégie de détournement politique. Le prétoire n'est plus le centre d'une compétition, d'un « duel » ou le lieu d'une « preuve ». Ce prologue en forme de parabole introduit à la conception d'une politique de la psychanalyse dont l'enseignement lacanien est, en France, le seul fondement. A travers trois scissions (1953, 1964, 1968-1969), cet enseignement fait de paradoxes qui sont des contradictions, cherche à produire son histoire : celle des « erreurs » d'un mouvement, celle de la « vérité » d'une découverte. Avec le «  Mathème  », issu du séminaire de 1970 (« L'envers de la psychanalyse »), une tendance logicienne s'y fait jour qui risque de réinscrire la psychanalyse dans le champ des sciences humaines, du néo-positivisme et du discours psychiatrique. La réflexion ici proposée trouve son objet dans l'étude critique de ces positions. Elle se poursuit par l'analyse du mouvement anti-psychiatrique dont Maud Mannoni critique l'empirisme et dont Thomas Szasz, dès 1954, avait promu, aux U.S.A., le discours jusqu'à oublier l'essentiel de Freud, l'inconscient, en préférant le Droit à la Politique. Enfin, l'utopie pédagogique trouve ici une mise en cause à travers l'expérience de la poésie des enfants dans l'institution scolaire. La psychanalyse est une pratique. Elle met en oeuvre une politique qui s'appuie sur la découverte de Freud : « Le moi n'est plus maître en sa demeure. » Une politique issue de sa propre recherche et que seules sa pratique et sa théorie mettent en situation dans la lutte des classes, à l'opposé d'une « politisation » commandée par le militantisme. E.R.

  • Dans l'Inconscient et ses lettres, la question de l' « auteur » est cernée dans la dimension du fantasme dont la logique donne aux termes illusion, reflet, double, etc., un statut propre. Le fantasme d'auteur, fait corps avec le texte littéraire, et se saisit dans un lieu de l'Imaginaire, où la « création » fonctionne à la contrainte entre rêve et fantasme. S. Freud, R. Roussel, B. Péret, B. Brecht, et les cinéastes A. Hitchcock et D. Vertov, sont parties prenantes dans ce débat, où le concept freudien d'identification est confronté à la catharsis, à la distanciation, et au projet d'une théorie matérialiste prolétarienne de la perception qui, de Bogdanov à Mao Tse-tung renvoie au problème de la révolution culturelle.

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