Sophie Chauveau

  • En 1991 éclate en France le scandale du sang contaminé: plusieurs centaines de malades sont contaminés par le sida et l'hépatite C en recevant des dérivés sanguins et des transfusions de sang. Les dirigeants des établissements de transfusion, en particulier ceux du Centre National de la Transfusion Sanguine, et les pouvoirs publics sont mis en cause pour ne pas avoir pris les précautions nécessairespour protégerla population. Souvent présentée comme la première crise sanitaire française, l'affaire du sang contaminé a conduit les responsables politiques à réorganiser l'administration sanitaire en France de manière à accroître la sécurité des produits de santé. Quelles sont les origines de cette crise? Est-elle le résultat de négligences?Les intérêts financiers l'ont-ils emporté sur la protection de la santé publique? Faut-il considérer le sang comme un médicament? Derrière l'idéal de la transfusion sanguine comme expression d'une solidarité nationale se dissimulent bien des conflits. Ce livre analyse les nombreux dysfonctionnements de l'organisation de la transfusion sanguine provoqués par l'industrialisation des produits sanguins ainsi que par les intérêts divergents des médecins, des industriels de la transfusion, des malades, des donneurs de sang, des pouvoirs publics. Richement documenté, il est le premier à proposer une étude historique de l'une des plus graves crises sanitaires françaises.

  • J'ai attendu une minute, deux minutes et même trois minutes, mais en faisant des mouillettes... L'oeuf à la coque ! Toujours trop long avant de retrouver la saveur de l'enfance. Hier encore, nous disposions d'une chanson l'Écharpe, interprétée par Fanon, qui nous donnait un temps de cuisson idéal, une attente enchantée... Je passe de la coque à l'âme, mais la mort ! L'attente de la mort ! Pour celle-ci, pas de chansonnette. En tout cas, pas assez longue. Alors, des attentes enchantées, d'autres pas !... Je choisis tout de suite l'enchantement. Et j'opte pour l'oeuf à la coque. Et je dis qu'il ne tient qu'à nous que l'attente de la mort soit, elle aussi, enchantée. Cette attente-là n'est en fait que la vie elle-même, tissée de toutes les attentes. On peut penser l'attente, la désirer, l'aimer. Elle ouvre sur le seuil de tous les inattendus de la vie. Moi je crois qu'il y a carrément de l'âme dans l'attente. Oui, j'en suis sûre, c'est dans l'attente que mijote la vie. Et si on se la mitonnait aux petits oignons ! Et puis, vous le savez bien : On ne perd rien pour attendre. Alors profitons-en. Vite ! Attendons.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je parle trouvère. Je parle pour les trouvères. Lecteurs, acteurs de la Clélie, façonniers de l'amour courtois, c'est à vos héritiers, à votre descendance éparpillée, sinon clairsemée que je m'adresse. Ainsi qu'aux femmes, antiques filles des sorcières pour qui l'amour a pris toutes les formes du plaisir, sans renoncer à aucune. Et qui vous prenez à rêver de libertins avec qui dévaler en riant de l'Éducation sentimentale à La Carte du Tendre. A vous qui cherchez fiévreusement où est passée la luxure. Du moins l'idée que je m'en fais : le plaisir pour le plaisir, l'envie de peau et le coup de corps, le coup au coeur ou le coup de fou, le clin d'oeil qui met les sens en éveil et la tête à l'envers. Une partie d'émoi gratuite. Aux esthètes qui raffinent le plaisir en le laissant monter comme sève en écorce. C'est à vous, c'est pour vous que je parle.

  • Personne n'avait jamais donné la parole à Hélène. Hélène de Troie, Hélène de Sparte, plutôt. C'est qu'à la frontière du Mythe et de l'Histoire, Hélène était un personnage trop commode pour qu'on ne lui attribue pas, sans qu'elle puisse se défendre, tous les défauts que les hommes prêtent aux femmes : la frivolité, le mensonge, l'insouciance, l'infidélité, l'égoïsme... D'où les légendes des poètes, et une certaine façon de raconter Hélène. L'Hélène de Sophie Chauveau n'est rien de tout ce que l'on dit. Sensuelle, oui (elle nous le montre), et belle comme nulle mortelle ou déesse n'a pu l'être, mais femme de tête, aussi, et tête politique. De la guerre de Troie (qui ne dura pas dix ans mais trois mois et fut un choc de civilisations), elle aurait voulu que naisse une humanité nouvelle, les deux sexes égaux, où n'auraient cours ni la rigueur du matriarcat originel ni la férocité de l'âge de fer masculin qui devait lui succéder et dans lequel les hommes plongèrent avec délices, sous le faux prétexte de l'inconduite de la reine de Sparte. Brillant, talentueux et séduisant comme Hélène, le roman de Sophie Chauveau s'appuie à la fois sur une rêverie inspirée et sur des années de travail. Hélène, la Grèce antique et la naissance d'un monde où nous pataugeons toujours en sortent rajeunis, plus profonds, plus vivants, plus passionnants.

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