Les Presses de l'Université Laval (PUL)

  • C'est afin d'interroger les pratiques d'éducation artistique, d'examiner les savoirs émergents et d'en exposer des fondements laissant entrevoir les perspectives d'avenir de la recherche que le livre Réfléchir à la formation artistique a pris forme. Il réunit pour la première fois dans un même ouvrage vingt-cinq chercheurs engagés à former les futurs enseignants spécialistes en art dramatique/théâtre, en arts visuels/arts plastiques, en danse et en musique et ce, dans sept universités et collèges francophones du Québec et de l'Ontario.

    S'adressant à toute personne qui s'intéresse à la formation artistique en milieu scolaire et en contexte postsecondaire, il présente un ensemble de réflexions en trois parties. La première se centre sur la réflexion émergeant de savoirs. La deuxième approfondit la réflexion sur des problématiques et des fondements en éducation artistique tandis que la troisième fait part d'une réflexion au sujet de programmes et de cours dans ce domaine.

  • Depuis plusieurs décennies, les parcours scolaires, d'insertion professionnelle et de vie tendent à se complexifier, si bien que la question de l'orientation des jeunes devient saillante et soulève des défis inédits. Les « choix » d'orientation résultent en effet d'une articulation complexe, parfois contrastée, entre influences contextuelles et questionnements d'ordre individuel. D'emblée, tant les institutions scolaires que le marché du travail cadrent et canalisent la manière dont les jeunes se développent et font leurs choix de carrière. En même temps, ces choix émanent de leurs représentations et anticipations de soi, autrement dit de la manière dont les jeunes construisent, ou tentent de construire, leur identité. Les contributions du présent ouvrage, divisé en deux parties, décortiquent cette tension entre influences contextuelles et agir individuel. Il est ainsi possible de mieux saisir plusieurs des enjeux, des processus et des moments clés qui marquent l'orientation et les parcours des jeunes. Dans la première partie, il est question des parcours scolaires, c'est-à-dire du cheminement et des choix des jeunes à l'intérieur même et à différents paliers du système éducatif. La deuxième partie est ensuite consacrée au passage du monde scolaire au monde du travail - assimilé parfois au monde adulte - c'est-à-dire à leurs parcours d'insertion socioprofessionnelle.

  • Les transformations du marché du travail et de l'organisation du travail observées depuis maintenant quelques décennies ont eu des impacts sur les parcours professionnels et de vie de nombreux travailleurs et travailleuses. Si ces transformations sont relativement bien connues dans leurs aspects plus généraux (p. ex. économiques, sociaux), les façons dont elles s'incarnent plus précisément dans les milieux professionnels et les conséquences concrètes qu'elles ont sur la vie de travail des personnes, et sur les personnes elles-mêmes, suscitent encore beaucoup de questions. De même, les défis que posent ces transformations aux travailleurs dans la gestion de leurs transitions et, plus globalement, de leur parcours de vie professionnelle et de leurs rôles de vie ainsi que les nombreux enjeux professionnels et personnels auxquels elles donnent lieu, soulèvent tout autant d'interrogations.

  • Dans cet ouvrage l'idée d'accompagnement est utilisée comme notion générale. Elle recouvre tout autant les pratiques en contexte de relation d'aide que celles déployées dans plusieurs démarches de recherche-action. De nombreux dispositifs éducatifs et autres formes d'interventions d'accompagnement clinique et psychosocial ont vu le jour ces dernières années pour aider les personnes, les groupes et les organisations à faire face aux exigences élevées du monde du travail et de la vie active dans nos sociétés en constante mutation. L'étude de cette pratique occupe dès lors une place grandissante dans la programmation scientifique du CRIEVAT. Ce troisième tome regroupe les réflexions de chercheurs qui ont tenté de mieux comprendre la complexité de cette posture d'intervention en l'abordant sous ses aspects théoriques et pragmatiques. Les sept chapitres sont répartis selon les trois thèmes suivants: 1. aspects épistémologiques et méthodologiques de l'accompagnement au regard des problématiques contemporaines d'orientation et d'intégration professionnelle; 2. récits d'itinéraires en recherche et accompagnement; 3. dispositifs et outils d'accompagnement.

  • L'acte de philosopher peut prendre différentes formes selon le contexte et les gens qui s'y adonnent. Le présent ouvrage porte plus particulièrement sur la pratique du dialogue philosophique en milieu scolaire, principalement avec des adolescents. C'est un ouvrage théorique proposant des réflexions sur l'importance de pratiquer la philosophie avec les jeunes, sur les préconceptions liées à cette pratique, sur l'expérience vécue par les jeunes et sur le rôle de l'animateur. C'est aussi un ouvrage éminemment pratique qui propose un programme de formation centré sur le développement d'habiletés intellectuelles ainsi que des outils pédagogiques concrets associés aux réflexions amorcées. Ainsi, les auteurs nous font part de plusieurs expériences, exemples, tableaux ou grilles pouvant aider les personnes soucieuses d'offrir à la jeunesse la possibilité de penser de façon critique, autonome et rigoureuse. En ce sens, ce livre est un dialogue entre philosophie et pédagogie, entre théories et pratiques.

  • « L'utopie est à l'horizon. Je fais deux pas en avant, elle s'éloigne de deux pas. Je fais dix pas de plus, elle s'éloigne de dix pas. Aussi loin que je puisse marcher, je ne l'atteindrai jamais. Alors à quoi sert l'utopie ? A faire avancer. »
    Eduardo Galeano

    C'est sans doute pour cette raison qu'Antoine Baby s'amuse à distiller un certain nombre d'utopies en éducation, dans l'espoir de faire avancer le monde scolaire dans le sens de l'émancipation des plus démunis.

    De toutes ces utopies, celle qui consiste à faire partager par tous les citoyens et toutes les citoyennes de toutes conditions sociales, le goût d'apprendre tout au long de la vie, n'est pas la moindre.

  • Les interventions en dépendance auprès des adolescentes et adolescents dépendants ou à risque de le devenir sont de plus en plus nombreuses et diversifiées. Que ce soit pour de la prévention, de l'intervention ciblée ou de la réadaptation, les intervenants, les gestionnaires et les chercheurs de plusieurs régions mettent en place de nouvelles pratiques pour favoriser la motivation à adopter des habitudes de vie plus saines. Le présent ouvrage collectif se veut un reflet de la diversité de ces pratiques prometteuses adaptées aux nombreux besoins de cette jeune clientèle et de l'engagement des acteurs de l'intervention auprès des adolescentes et adolescents dépendants ou à risque de le devenir. Il saura sans doute inspirer d'autres intervenants, gestionnaires et chercheurs dans leur quête d'améliorer les services en dépendance pour les jeunes, tant pas la mise en place de pratiques prometteuses que par leurs recherches.

  • Ce n'est pas facile d'entrer dans le milieu éducatif, de nous sentir bien, à la hauteur, d'avoir assez confiance en nous pour croire en notre bon travail et d'arriver enfin à y trouver notre place tout en restant fidèles à nos convictions, nos valeurs et nos intérêts personnels.
    L'idée d'écrire un livre sur l'enseignement m'est venue pendant ma deuxième année de travail dans le milieu. A ce moment, j'étais certaine de ne pas être seule dans mon monde de remise en question. Je savais aussi que mes désirs, mes questionnements, mes frustrations et mes déceptions ne venaient probablement pas seulement de moi ou de mes débuts dans cette carrière.
    L'éducation est un sujet qui concerne tout le monde. Si les enseignants croient en leurs idées, ils doivent les partager afin de sensibiliser les gens au défi à relever tout en acceptant de recevoir des critiques. Ainsi, le débat sur l'éducation sera à l'avantage de nos enfants.

  • Pour recruter leur personnel enseignant, les directions des commissions scolaires sont à l'affût de candidats bien formés qui possèdent les qualités humaines et intellectuelles associées à la mission éducative. L'entrevue devient alors le moment de faire la preuve que vous êtes bien le candidat recherché. Mais comment se préparer à l'entrevue en éducation ?



    Ce guide présente les principales questions posées en entrevue et les regroupe en fonction des 12 compétences professionnelles attendues par le ministère de l'Education, du Loisir et du Sport.



    Cet ouvrage est aussi le fruit d'expériences multiples qui évoquent la vocation, la fonction ou la profession d'enseignant. Il apportera beaucoup de lumière à ceux et celles qui, venus d'ailleurs, souhaitent connaître les structures de l'école québécoise.

  • Dans notre société de plus en plus diversifiée, la laïcité apparaît comme un projet fondamental qui vise à permettre à chacun d'exprimer ses différences et de cohabiter pacifiquement dans l'espace public. Toutefois, le thème des signes religieux ostensibles chez les agents de l'État soulève de vifs débats. Ces signes doivent-ils être interdits ? Les enseignants devraient-ils laisser à la maison toutes marques d'appartenance religieuse ? Devraient-ils taire leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques ? Les auteurs invités à collaborer à ce livre présentent ici, dans une langue accessible, des positions divergentes, mais éclairantes, sur ces questions.

  • Cet ouvrage s'intéresse à un enjeu souvent ignoré ou du moins de plus en plus minoré au sein des facultés et départements d'éducation au Québec, mais aussi par le ministère de l'Education : la place et le rôle des sciences sociales (histoire, sociologie, anthropologie, politique, démographie, économie, etc.) et des traditions culturelles, philosophiques et critiques dans les programmes de formation à l'enseignement. La question qui nous préoccupe est la suivante : peut-on en 2015 former des professionnels de l'enseignement en faisant abstraction de ces disciplines et traditions intellectuelles? Cette question mérite d'être justement soulevée, car on assiste au fil des décennies, comme nous le montrerons dans divers chapitres de ce livre, à une réduction systématique de ces disciplines et traditions intellectuelles au profit d'une vision de plus en plus étroitement technique de la formation des futurs enseignants.

  • Au commencement était le roman de Charlotte Brontë, The Professor. Se peut-il que, dans un livre si ancien, nous puissions déchiffrer le sens et la fonction de la pratique enseignante contemporaine? Croisement des destins, au-delà du temps et des morts.
    Là résident le mystère et la force d'évocation de la littéra-ture, son caractère prémonitoire, son pouvoir d'actualité. Au terme d'une carrière « enchanteresse» et grâce à une relecture d'une oeuvre de Charlotte Brontë, le professeur à la retraite Réal La Rochelle renouvelle sa passion des livres et de l'enseignement. En se remémorant les lieux, l'enthousiasme de la jeunesse, le bouillonnement de la vie intellectuelle, l'auteur reconnaît sa chance. À la fin, dans une sorte de mémorial, il exprime sa gratitude en recopiant les noms de tous ses étudiants.

  • Pourquoi parler d'une diversification des mains-d'oeuvre? C'est que nous assistons aujourd'hui à une remise en question du modèle fordiste qui faisait appel à une homogénéité de la main-d'oeuvre pour répondre aux besoins d'une production de masse. La figure emblématique du travailleur fordiste, celle d'un homme, chef de famille généralement peu qualifié et travaillant, sa vie durant, pour un même employeur tend à être remplacé par une nouvelle figure, celle d'un travailleur flexible dont la qualification, la provenance nationale, le sexe et l'âge sont diversifiés. Dans ce livre, des études de cas concernant la gestion intergénérationnelle des savoirs permettent de saisir l'ampleur des changements en cours. Y sont abordées quelques-unes des problématiques soulevées pas cette différenciation des mains-d'oeuvre, telles les nouvelles identités au travail. Enfin, l'évolution des politiques publiques, par exemple le développement et la reconnaissance des compétences ou la formation tout au long de la vie, y est analysée comme une réponse à cette diversification accrue des mains-d'oeuvre.

    Ce livre est le résultat de travaux produits au sein de l'axe «Gestion des savoirs et de la formation» de l'Alliance de recherche universités-communautés (ARUC) Innovations, travail et emploi autour des thèmes porteurs de l'axe, à savoir la gestion des savoirs et la formation.

  • L'université, partout dans le monde, est en train de subir une évolution et une transformation profondes provoquées par la mondialisation et le développement sans précédent de la technologie. La pression exercée par les gouvernements pour que l'éducation et la formation soient fonction de leur " utilité " économique, de leur " impact ", se fait de plus en plus vive.

    On ne peut pas, à notre époque, s'opposer à la plus large accessibilité aux études universitaires, pour autant qu'elle soit fondée sur le mérite, pas plus qu'on ne peut refuser qu'une des tâches de l'université soit le service à la société dans laquelle elle se trouve. De là à accepter qu'elle soit transformée en entreprise commerciale régie par les lois du marché, que la liberté académique soit réduite à un cliché dénué de sens, que les recherches dépendent uniquement du bon vouloir des gouvernements et de l'industrie, il y a un pas qu'il faut se refuser à franchir, quoi qu'il en coûte. L'université est une des rares institutions (encore) suffisamment indépendante pour

    s'opposer au capitalisme sauvage et qui peut tenter de ramener la société au souci du bien commun. L'université, les professeurs et les chercheurs ont un devoir de vigilance face à la tendance à la commercialisation de l'enseignement et de la recherche pour préserver l'intégrité et la liberté intellectuelles et éviter que l'enseignement supérieur ne devienne un simple objet de consommation à l'obsolescence planifiée.

  • A titre de médium, le matériel didactique et pédagogique se situe à la confluence des interactions qui s'instaurent entre l'enseignant, l'élève et les objets d'appren­tissage. La question du rapport que les praticiens établissent avec les divers matériels s'avère cruciale. Car ce rapport induit la sélection et les modalités d'utilisation du matériel et affecte les contextes d'enseignement-apprentissage. Les textes ­abordent :

    - la question des multiples fonctions du manuel scolaire et de leurs apports au processus d'enseignement-apprentissage et au développement professionnel des enseignants ;

    - les caractéristiques pédagogiques et didactiques de certains matériels et leurs incidences potentielles sur les apprentissages des élèves ;

    - les fonctions et l'utilisation d'autres matériels dont le matériel numérique.
    L'ouvrage jette les bases d'une réflexion approfondie sur l'étude du rapport ­d'appropriation des enseignants et des futurs enseignants au matériel didactique et pédagogique.

    Ont collaboré à cet ouvrage : Corinne Aroq, Johanne Bédard, Robert Bibeau, ­Vincent Grenon, Abdelkrim Hasni, François Larose, Johanne Lebrun, Monique Lebrun, Yves Lenoir, Marie-Pier Morin, Daniel Niclot, Sébastien Ratté, Gérard-Raymond Roy et Patrick Roy.

  • Au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord et en Occident, la profession enseignante est aux prises avec des problèmes de pénurie d'enseignants qualifiés et de décrochage professionnel. Pour donner un nouveau souffre à la profession et offrir un héritage à la relève, il faut se pencher sérieusement sur la problématique de l'insertion professionnelle et de la persévérance en enseignement et en examiner les enjeux, les conditions el les modalités de réalisation.

    Cet ouvrage fait la lumière sur plusieurs éléments qui font obstacle à une insertion professionnelle réussie, certains prenant racine dans la formation à l'enseignement, d'autres dans les conditions d'entrée dans la profession et la cututre du milieu d'accueil. On y révèle les principaux objets de satisfaction professionnelle des jeunes enseignants et on met en évidence les exigences rattachées à une intégration harmonieuse au sein d'une équipe-école. Puisque cette insertion représente un enjeu majeur de l'avenir de la profession enseignante tant sur le plan du développement professionnel et identitaire que sur le plan de la relève, les auteurs insistent sur la nécessité d'un dialogue entre chacun des acteurs concernés et ils invitent les enseignants débutants à y participer activement.

    Les textes réunis dans cet ouvrage offrent aux responsables éducatifs, aux institutions d'enseignement, aux équipes-écoles, aux syndicats et aux formateurs d'enseignants un outil de réflexion, de décision et d'action fondé sur le études rigoureuses de plusieurs chercheurs.

  • Le rehaussement culturel des programmes d'études constitue l'un des axes prioritaires de la réforme de l'éducation entreprise par le gouvernement du Québec dans les années 1990. A cet effet, dans son énoncé de politique éducative, le gouvernement prescrit qu'une place plus grande soit accordée aux matières « plus naturellement porteuses de culture », dont le français, langue première, et qu'une approche culturelle préside à l'enseignement de toutes les matières. Or, les documents officiels accompagnant cette prescription accordent des significations plurielles à la culture et à l'approche qui en découle. En outre, les auteurs ayant pensé la culture et la langue en lien avec l'éducation proposent des conceptions non seulement nombreuses, mais également conflictuelles de la culture et de la langue. Par conséquent, que peut signifier l'approche culturelle dans l'enseignement du français, langue première, au secondaire? Répondre à cette question s'avère essentiel afin d'éclairer la pratique d'enseignants soucieux d'intégrer la culture dans leur classe. Pour ce faire, nous avons circonscrit différents discours tenus sur la langue, la culture et l'éducation et les avons examinés sous l'angle de leurs fondements, de leurs finalités et des rôles qu'ils accordent à l'élève, à l'enseignant et au savoir dans le cadre d'une approche culturelle de l'enseignement. De la sorte, il nous est possible de proposer des pistes pour donner sens à cette dernière dans l'enseignement du français, langue première, au secondaire et pour penser la relation fondamentale entre la langue et la culture sur le terrain de l'école.

  • La citoyenneté au travail : s'agit-il d'une pure utopie ou, au contraire, du point d'aboutissement d'un long processus d'affirmation des droits des travailleuses et des travailleurs ? Faisant écho aux travaux fondateurs des relations industrielles, du droit du travail et de la sociologie des relations professionnelles, le concept de « citoyenneté industrielle » se voulait une mise en cohérence du passé, du présent et de l'avenir en matière de droits fondamentaux et de démocratie au travail. Cette représentation de la vie au travail devait elle-même contribuer à transformer l'ordre social et à légitimer les changements à venir.

    Toutefois, depuis quelques décennies, cette vision optimiste des progrès de la démocratie industrielle est fortement mise à mal. L'aspiration à une authentique citoyenneté au travail s'est heurtée à la remise en cause de l'Etat social, à la mondialisation de l'économie et à la transformation du modèle industriel caractéristique des Trente Glorieuses, à la baisse de la densité syndicale, à la persistance des discriminations sexuelles, raciales, ethniques, au fossé grandissant entre économies du Nord et du Sud et à l'insécurité économique qu'engendrent les restructuratjions industrielles et la précarisation croissante du travail.

  • Ce livre porte sur les deux principales réformes éducatives que le Québec moderne a connues, soit celle qui est issue de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec (commission Parent), de 1961 à 1965, et celle qui a été conçue par la Commission des Etats généraux de l'éducation, 1955-1996. Il donne la parole à celles et ceux qui ont pensé ces réformes. Ce livre leur rend tout d'abord hommage. Mais il permet aussi à ces réformateurs de se prononcer publiquement à titre d'observateurs émérites et d'analystes indépendants de la scène de l'éducation. Des mises en contexte produites par des universitaires reconnus éclairent leurs propos.

    Ce document est en quelque sorte en legs a pasteriori que ces hommes et ces femmes ont voulu transmettre à ceux et celles qui, à leur suite, entreprendront de réfléchir sur les rôles de l'éducation et sur les manières de traduire leurs idéaux en modalités d'action.

  • Un des défis importants rencontrés lors de l'implantation du programme d'éthique et culture religieuse (ECR) a certainement été celui de la formation des personnes qui auraient à l'enseigner dans les écoles, du primaire à la fin du secondaire. Partout au Québec, c'est en particulier vers les enseignants universitaires que les équipes régionales se sont tournées pour former leurs milieux au nouveau programme. Dès l'hiver 2007, près d'une quinzaine d'universitaires ont élaboré et donné la formation qui visait à préparer les enseignants de tout le Québec à enseigner convenablement ce programme. Dans un contexte relativement difficile - débat social sur les accommodements raisonnables, critiques à l'égard du programme ECR, notamment à l'égard de la cohabitation de l'éthique et de la religion dans un même programme, nouveauté, échéance rapprochée, attentes particulières liées au type de formation, etc. - les universitaires ont dû apprendre à enseigner différemment pour rejoindre des besoins divers et nombreux et adapter leur pratique professionnelle pour qu'elle soit efficace et efficiente. Au terme de cet ambitieux plan de formation, ils ont cru nécessaire de prendre un peu de recul pour évaluer ces deux années et demie de formation et faire un retour sur leur pratique d'universitaires engagés dans la formation continue des enseignants en ECR.

  • Que sont devenues les promesses de la réforme québécoise de l'éducation ? Comment ont-elles été retraduites en politiques d'éducation et de formation, en curriculums, en programmes d'études et en approches d'enseignement ? Quelles innovations la réforme a-t-elle apportées, qu'a-t-elle recyclé et présenté comme neuf ? Quels effets a-t-elle sur la formation et le travail des enseignants ? Que gagnent les plus directement concernés : les élèves ? Seront-ils mieux formés et plus cultivés ?

    A ces questions publiquement débattues depuis une dizaine d'années cet ouvrage apporte des éclairages inédits. Les auteurs y exposent les premiers résultats d'un programme de recherche sur les réformes de l'éducation au Québec et mettent en évidence les transformations que subissent les politiques éducatives, les programmes scolaires, les idéologies et les pratiques pédagogiques qui naissent et souvent meurent avec les réformes scolaires. Au passge, les analyses touchent le jeu d'influence que se livrent des groupes sociaux au sein de l'espace scolaire et montrent combien peuvent être grands le écarts entre les intentions premières des réformateurs et les textes officiels, et, plus encore, entre ces derniers et les réalités de l'enseignement dans les classes.

  • Le lot de critiques qui ont accompagné le renouveau pédagogique ainsi que les récents réajustements apportés par le Ministère ont de quoi susciter des interrogations quant à la clarté et à la pertinence de la réforme entreprise au Québec voilà maintenant plus de dix ans. S'il faut comprendre l'esprit d'une réforme pour se l'approprier, alors nous devons nous rendre à l'évidence, celui de la réforme actuelle n'a pas été saisi par la majorité de la communauté éducative québécoise. Pourquoi cet esprit est-il si difficile à cerner ? Est-il si difficile à cerner ? Est-il possible d'en comprendre l'essence ? Nous pensons que, pour plusieurs raisons, l'esprit de cette réforme n'est pas clair. Il ne l'est pas notamment parce qu'il repose sur des concepts mal définis, parce qu'il croule sous les contradictions et, enfin et surtout, parce qu'il est changeant. Cet ouvrage retrace à travers trois mouvements l'évolution de l'esprit de la réforme en s'appuyant sur les textes universitaires et ministériels qui en ont fondé le discours.

  • Cet ouvrage propose une réflexion sur l'évolution récente et sur les perspectives de l'institution universitaire à partir de ce qui la définit, soit le rapport au savoir. Il s'agit de cette relation que l'Université a pour mission d'établir entre un sujet - l'étudiant - et un corpus de connaissances scientifiques, de savoir-être, de savoir-faire, en mettant en oeuvre tous les moyens dont elle dispose pour assurer le succès de cette relation. Cette réflexion fait une large place au potentiel de la formation à distance et des technologies de l'information et des communications en enseignement universitaire. Leur avènement accélère l'apparition de nouvelles mutations à la faveur desquelles l'universtié transforme ses modes de formation, les prolonge et les renouvelle pour en produire une synthèse supérieure. La réflexion de l'auteure est fondée sur son expérience du milieu universitaire québécois mais aussi sur douze grandes entrevues menées auprès d'acteurs de la scène universitaire en Angleterre, en France, en Espagne, aux États-Unis, au Canada et au Québec.

  • L'enseignant fait-il une différence pour favoriser l'apprentissage ? Ou considère-t-on que tout est déterminé en grande partie par le développement de l'enfant, le contexte social, les programmes ? Et s'il fait une différence, quelle est-elle ? Comment se manifeste-t-elle dans ses comportements, idées, attitudes en tant qu'enseignant ? La nature de cette différence serait précisément une base de connaissances pour enseigner.

    Clermont Gauthier dirige une équipe de recherche avec laquelle il a travaillé pour la rédaction de cet ouvrage. En réaction au plaidoyer du groupe Holmes (1986, 1990, 1995) pour la professionnalisation de l'enseignement et à son postulat sur l'existence d'une base de connaissances pour enseigner, les auteurs se sont interrogés sur la provenance, la nature et la solidité d'une telle base de connaissances.

    Cette voie de recherche, habituellement délaissée par les chercheurs francophones en éducation, porte sur l'enseignement et non sur l'apprentissage. Les auteurs ont pris le parti d'analyser des recherches empiriques menées dans les classes et non des essais normatifs sur ce que devrait être l'enseignement et en ont regroupé les résultats en deux catégories : la gestion de la classe et la gestion de la matière.

    Le problème de l'utilisation des résultats de la recherche leur apparaissant aussi important que celui de la détermination d'une base de connaissances, ils ont jugé nécessaire de situer leurs analyses dans un cadre plus vaste et de formuler les prolégomènes d'une théorie empirique de la pédagogie.

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